Avez-vous des cupidons High Tech au sein de votre société?

Ces jours-ci impossible de lire un article concernant le recrutement sans mention de « the war for talent », la guerre des talents. Espérons que nous lirons des nouveaux points de vue en 2019. Parce que, soyons francs : “La guerre des talents est finie – et les talents ont gagné !”. Qui ne l’a pas encore compris est désespérément trop tard.

Millénaires versus Gen-Z

La génération précédente, et certainement celle qui s’approche à présent, a une perspective différente en ce qui concerne les emplois et les carrières. Les « digital natives » sont en train de rentrer sur le marché du travail. Regarder des chaussures sur Instagram, revoir les mêmes chaussures sur Facebook pendant la pause de midi, choisir, cliquer, commander et livré le lendemain. Leur vie est une succession d’incitations et de choix « à la demande ». Les millénaires (la trentenaires actuelles) sont constamment à la recherche de l’équilibre entre statut et liberté. Ils fleurissent dans un environnement de travail informel, stimulant l’interaction et offrant des opportunités de développement. Par opportunisme, ils nourrissent des concepts d’économie partagée tels qu’Airbnb, Poppy et d’autres plateformes, tout en revenant à l’authenticité et à la tangibilité de la nostalgie. Les disques vinyles reconnaissent un succès grandissant et des initiatives « honnêtes » telles que « de la ferme à la table » gagnent du terrain des grandes chaînes impersonnelles. Une vraie histoire, de l’humour et une expérience de marque distincte, c’est ce que cette génération aime. Ajoutez-y une communication cohérente et voilà les ambassadeurs fidèles.

Les après-millénaires ou les célèbres Gen-Z sont plein d’ambition et de dynamisme entrepreneurial. Ils sont impatients de conquérir le monde et exigent un bon salaire. Un diplôme devient trivial parce qu’ils croient au pouvoir de l’apprentissage tout au long de la vie. Pourquoi alors vous cramponnez à seulement un domaine alors que le monde a tellement plus à offrir. Leur durée d’attention est de 8 secondes. Intéressant ou pas ? Swipe, cliquez et quittez. Absolument un avantage dans le contexte de travail, car ils savent filtrer et décider rapidement. D’autre part, ils tournent le dos au travail dès qu’il ne fascine plus. Et certainement si le prochain défi apporte plus d’avantages. Autre et meilleur ! Ils attendent la même rapidité de réflexion de la part des entreprises et des marques. Ils aiment croire en votre histoire, quand elle a du contenu, de la vitesse, de la fluidité et de l’humour. En retour, ils comptent sur vous en tant qu’entreprise et marque pour rester fidèles à eux et à vous-même. Si un post-millénaire ne se sent pas apprécié, vous le perderez. Ce n’est pas lui qui doit rester fidèle à votre entreprise. Qu’avez-vous à offrir ?

De Jurassic World vers Westworld

La vision traditionnelle sur recrutement et la sélection ne mènera plus au succès. Et non, ce n’est pas une bataille sanglante qui doit être livrée. Ce n’est pas un autre épisode de Jurassic World. C’est le nouveau monde, la réalité. C’est Westworld. Les « Customer Journeys » nous parlent depuis longtemps de l’importance de la « prise de conscience», la phase dans laquelle vous rappelez constamment au monde que vous avez plus à offrir que les autres, que vous êtes une marque forte et unique et qu’ils manquent beaucoup en ne pas faisant partie de votre communauté.

« Cela semble logique. C’est le but du marketing. Non ? » Pourquoi ne traitons-nous pas les employés potentiels comme des clients ? Fumons le calumet de la paix et ne parlons plus de guerre, mais du « magnétisme des talents ». Augmentez votre propre force d’attraction et assurez-vous d’être au bon côté de l’aimant. Ne vous trompez-pas ! Magnétiser votre entreprise ne se limite pas à trouver le bon talent. En un clin d’œil, vous perdez vos meilleurs employés si le côté sexy de votre marque ne se fait pas ressentir dans votre entreprise. Le mot, Employer Branding, vit depuis de nombreuses années. Le mouvement des « micro-influenceurs » dans le marketing auprès des consommateurs prouve que le plus grand pouvoir de persuasion provient des expériences partagées des utilisateurs. Vous voulez que vos collaborateurs deviennent des ambassadeur. Assurez-vous qu’ils tombent amoureux et restent amoureux avec votre organisation. Faites l’amour, pas la guerre !

High Tech Cupidon

Les ressources humaines sont considérées dans de nombreuses organisations comme le département doux, un département avec de l’empathie et la connaissance des personnes. Les stratégies marketing actuelles ne reposent pas tant sur la magie que sur big data. Et si d’autres départements accueillent la technologie, pourquoi cela serait-il différent pour les RH ?

Un exemple venant d’un autre domaine : médias et journalisme. Traditionnellement, ce secteur est axé sur la connaissance des gens, le sentiment pour les actualités et une communication solide. Le Washington Post a subi une transformation numérique sous Jeff Bezos. Bezos, PDG d’Amazon, a acheté ce groupe de médias bien connu en 2013 et a reconduit le groupe au profit. Ils ont embauché 280 nouveaux journalistes et pas moins de 130 ingénieurs. Non seulement le stylo virtuose de centaines de journalistes est la clé du succès. Les schémas d’analyse des ingénieurs plaisent à beaucoup de lecteurs. Ce sont eux les vrais cupidons. Chaque lecteur se sent adressé personnellement et la passion resurgit. Cet amour peut être excellemment généré par les RH. Les analyses de rétention vous disent quel type d’employé, avec quelles expériences professionnelles, sur quels projets et grâce à quel soutien, vous reste fidèle le plus longtemps. Ce n’est pas seulement une analyse utile pour maintenir la relation mais ces informations doivent également ouvrir les yeux des recruteurs. Oubliez les diplômes et les emplois précédents. Placez le talent au-dessus de l’expérience. Cherchez le bon match, déterminez ce qui séduit cette personne, puis assurez-vous qu’il tombe amoureux de votre entreprise. It takes two to tango !

Auteur: Céline Malyster, Communication & Branding Manager, Callexcell

Source: Huffington Post; Ernst & Young; Vision Critical; Roberta Chinsky Matuson